Archives de catégorie : Mes livres

Le petit polémiste

Il y a deux semaines, j’avais annoncé la lecture d’une pépite. Je vous la dévoile.

Le petit polémiste de Ilan Duran Cohen (Actes Sud) est la satire d’une société dominée par la bien pensance, la régulation des relations sociales, les interdits et injonctions à tout va au nom de la santé morale et psychique, de l’avenir de la planète et de l’équité multilatérale. Cette dystopie fait autant grincer des dents qu’elle étire les zygomatiques. Je l’ai adorée et aussitôt recommandé sa lecture à des proches. Et à vous maintenant.

J’ai découvert cette petite merveille grâce à un post de Pascal Perrat, sur Linkedin je crois. Pascal et son épouse Sylvianne, tous deux coachs en écriture, ont eu la gentillesse de m’accueillir dans leur merveilleuse maison girondine il y a quelques années déjà, quand j’écrivais Point à la ligne. Leurs conseils et encouragements furent décisifs.
Dans son blog Entre2lettres, Pascal propose très régulièrement des exercices d’écriture créative qui sont de petites perles pour délier les doigts et les neurones. Avis aux amateurs !

Un instant dans la vie de JK Rowling

Intéressante lecture que ces nouvelles de Marianne Jaeglé rassemblées sous le titre Un instant dans la vie de Léonard de Vinci et autres histoires. Marianne, qui fut l’animatrice d’un atelier auquel j’ai participé en 2016-17 quand j’écrivais Le voisin du 7e, a imaginé le moment décisif dans la création d’une œuvre, celui qui fait basculer l’existence d’un artiste. Elle nous raconte ainsi avec son talent de conteuse les instants majeurs de 21 artistes mondialement célèbres. Parmi eux, JK Rowling, l’auteure qui me fascine et pour laquelle j’ai moi-même imaginé une scène de « révélation » dans Merci Gary, mon deuxième roman. Loin de celle de Marianne, assurément à des années lumière de la vérité. D’ailleurs mon héroïne à moi s’appelle Jenna R. King et a écrit Gary Plotter. Toute ressemblance est bien sûr fortuite. 🙂

Upcycling

Image par congerdesign de Pixabay

Lors d’une promenade dans le centre-ville, je suis entrée dans une boutique éphémère. L’une des exposantes proposait des créations en upcycling. Des pièces de tissu (rideaux, nappes, draps, foulards…) achetés chez Emmaüs et transformés par ses soins en vêtements. Si cette pratique a désormais le vent en poupe, dans un esprit développement durable, elle n’a rien de nouveau. Nos aïeules avaient cette sagesse et les savoir-faire nécessaires : elles recyclaient ! Les pulls étaient détricotés, la laine lavée et retricotés, les boutons décousus avant de donner un effet, on assemblait, on raccommodait avec ingéniosité et créativité. Les vêtements des adultes étaient retaillés pour les enfants, ceux des ainés pour les plus jeunes, les vieux lainages servaient de bourre à coussin, les tissus fin de doublure… Le recyclage était infini. J’en parle justement dans la nouvelle Point à la ligne de mon recueil éponyme :

« C’est elle (NDLR : il s’agit de la mère d’Adrienne, l’héroïne) qui préparait les repas en prenant bien soin d’éplucher le plus finement possible les pommes de terre, reprisait les chaussettes, cousait des sacs dans les vieux draps pour emballer des aliments ou du linge, ou encore coupait des serviettes hygiéniques pour ses deux filles et elle dans les draps de bain élimés. »

Upcycling aujourd’hui, usage de bon sens autrefois.

Le carnet des silences

Le fabuleux voyage du carnet des silences de Clare Pooley, un roman découvert au travers d’une critique piochée dans Instagram. Comme quoi il n’y a pas que des chats et des bébés dans Insta.

Je réservais sa lecture au début des vacances. Voilà qui est fait ! C’est bien un roman feelgood comme je m’y attendais. En suivant le périple du Carnet des silences on passe de personnage en personnage, découvrant leurs sentiments intimes. Tout ce petit monde hétéroclite et bigarré, et tellement attachant, finit par former une communauté pour le meilleur et très peu le pire car, c’est le message de l’auteure, « la sincérité fait des miracles. Partager en toute franchise vos soucis et votre expérience peut changer la vie de ceux qui vous écoutent ou vous lisent. »

Ce livre m’évoque celui que j’ai écrit, Merci Gary. On y retrouve la même candeur, comme dans un conte, concernant la nature humaine (oui, les humains sont bons et ont envie d’aider leurs prochains), le même discours sur la magie des rencontres (grâce aux autres tout peut arriver, surtout le meilleur), l’envie de croire que la bonté triomphe et que les miracles ne sont pas réservés qu’aux autres. Naïveté certainement mais tellement réconfortante !

Le monstre de verre et de béton

Zoom sur ma robe Little Marcel

Le motif imprimé de ma robe m’évoque l’immeuble qui fait face à celui dans lequel habitent Virginie, Adrian et Greg, les héros de mon roman Le voisin du 7e. A chaque fois que je la sors de l’armoire, ça ne rate pas !

Cet immeuble-là ! Extrait, un seul pour ne pas tout dévoiler :

Puis il (pour ceux qui ne suivent pas, il s’agit de Greg, le fameux voisin du 7e 🙂 )sirote sa tasse de café, debout, en contemplant l’immeuble de verre à travers la vitre de la porte-fenêtre. Il scrute les balcons à la recherche d’un œil curieux. En vain. Ce monstre, c’est celui de sa vie. Un monstre dont il ignore le dessein mais qui est là, près de lui. Aussi impénétrable qu’immuable.   

Un éditeur, oui mais…

Je viens d’apprendre, sans surprise et avec une bonne dose de contentement je dois avouer, la faillite de Les Editions Absolues (LEA), la maison née sur les cendres de Les Editions Abordables (LEA) (éditeur de mon premier ouvrage Point à la ligne, un vrai fiasco !), par un tour de passe-passe (LEA vs LEA, ah, ah !) dont le principal protagoniste a le secret.

(J’espère que ne renaitra pas une 3e LEA du style Les Editions Arnaques, mais au moins les auteurs et les lecteurs sauraient à quoi s’attendre…)

Loin de moi, habituellement, l’envie de me réjouir d’une faillite, bien au contraire. Cependant l’édition est un milieu bien particulier avec, pour schématiser, les grands éditeurs, inabordables, les petits qui font ce qu’ils peuvent avec plus ou moins de réussite et les véreux qui font rêver les auteurs telle que je suis en promettant la lune et les étoiles.

Un auteur met ses tripes dans son récit, sacrifie des heures et des heures à l’écriture, rêve, peut-être naïvement, de séduire des lecteurs mais met tout son coeur dans cette perspective alors, quand il se retrouve entre les pattes d’un escroc, c’est ô combien douloureux, ô combien désespérant, le plus souvent irrécupérable. Un énorme travail passé à la trappe. Parfois celui d’une vie. J’ai connu l’accablement devant mon premier roman massacré par l’éditeur, espérant qu’il ne le vende pas ! Un comble. J’avais tellement honte du résultat, de ce qu’allaient penser les lecteurs inévitablement déçus. Et j’ai su depuis n’être pas la seule auteure dans cet état d’esprit alarmant. Combien d’auteurs ont été brisés par ces charlatans ?

Alors oui, j’espère qu’un jour mon éditeur viendra. Un vrai éditeur qui saura m’accompagner. En attendant, j’ai choisi l’autoédition pour la liberté qu’elle me procure afin de rencontrer mes lecteurs comme bon me semble et pouvoir leur apporter la qualité qu’ils méritent. Et s’il y a des imperfections (hélas…), je suis à même de les corriger sans délai. Voilà pourquoi je suis friande de vos retours, chers lecteurs !