Alléger ou libérer son style, rendre plus percutants ses textes, trouver sa voix… l’obsession des apprentis écrivains. « Lisez L’homme de gingembre de J.P. Donleavy, m’a conseillé très récemment Jérôme, un éditeur. Il a été révélateur pour moi. »
Quelle surprise ! Une claque plutôt. J’ignore tout de cet écrivain (1926-17) et si ses livres postérieurs sont écrits dans le même style, mais quel style ! J’imagine qu’il a été étudié et re-étudié par des générations d’étudiants en littérature. Un mélange d’art brut et d’impressionnisme si je pouvais oser un parallèle avec la peinture.
Extrait : Assise-là, face à moi, allumant des cigarettes. D’habitude, n’aime pas qu’on fume. M’aperçois qu’en ce moment tout me paraît bien. Au bout du tunnel, soudain, la lumière. Très chrétien. Lumière qui indique la voie. A cette pensée, il m’est arrivé d’entrer dans l’église de Clarendon Street, pour prier et parfois voir s’il y faisait plus chaud, et, après un moment d’immobilité, pour me détendre un peu. Je subis d’horribles tensions ; dans cette nostalgie catholique et irlandaise, j’étais pris d’une légère mélancolie et d’apitoiement, à considérer l’après et l’avant. J’y puisais souvent la conviction que j’allais vraiment gagner un peu de fric. Sais pas pourquoi le fric débarrasse de la mélancolie. mais c’est un fait. Ah ! Christine. Comment es-tu là-dessous ?
D’une phrase à l’autre le narrateur change, la pensée oscille, la lecture est compliquée, et le lecteur comme maintenu en apesanteur dans ce bric-à-brac littéraire. Et c’est parfait ainsi car en traitant un sujet aussi plombant, aussi glauque que la vie de débauche du héros et de son ami, l’auteur entraîne son lecteur sur un chemin tourmenté et obscène qui serait certainement plus insoutenable sans ces accents poétiques.
« Bienvenue à bord ! », c’est sur ces mots* que se termine la première version de mon prochain roman, Le voisin. Car, enfin, je viens de boucler ce premier jet. Je pourrais m’en réjouir, me dire que le boulot est bien avancé, mais il est trop tôt.
La semaine dernière encore, j’étais en Bretagne et vraiment j’aime cette région. Pourtant, elle a longtemps été pour moi une contrée lointaine, deux noms dans mon arbre généalogique maternel et quelques meubles foncés. Certaines familles ont leur oncle d’Amérique, moi j’ai cet arrière-grand-père vannetais. La seule branche « exotique » de mon double arbre lotois.
Ils m’énervent ces comportements-là, il m’escagasse, comme on dit dans le Sud-Ouest, cet incivisme. Penser aux autres, ce n’est pas si compliqué ! Avec un peu d’entraînement, ça se fait tout seul. Oser penser que la collectivité se chargera de tout ce qu’on n’a pas envie de faire, c’est pareil, ça se soigne. Et le meilleur traitement, c’est de regarder sa feuille d’impôt !
Mardi 16 avril – Le hasard – ou plutôt la magie des chouettes rencontres – m’a menée hier soir sur le bord de la Seine près du Pont Louis Philippe. Un attroupement, des sirènes de pompiers et puis des flammes qui s’élevaient d’un toit qu’on a tout d’abord identifié comme celui de l’Hôtel Dieu. Mais il s’agissait de Notre-Dame. Après la stupeur, un sentiment d’impuissance. Triste soirée à regarder l’édifice partir en fumée.
Très belle expo Vasarely actuellement au Centre Georges Pompidou ! Après l’overdose des années 70-80, j’ai été ravie de redécouvrir les oeuvres de cet artistes. Elles sont pop, pleines d’énergie, vibrantes, trompe- l’oeil… Bluffantes !


Il y des journées qui laissent des traces et celle d’aujourd’hui, qui clôt une semaine de travail dense, en est une. Un déjeuner fort instructif sur des initiatives sociales avec une toute nouvelle connaissance, un échange inattendu sur la littérature avec une collègue, un contact inespéré par l’intermédiaire d’un réseau social : trois belles rencontres qui peuvent apporter le meilleur. Parce que, souvenez-vous ce qui est écrit dans Merci Gary Plotter, le meilleur est toujours possible car la vie a quelque chose de fantastique !