Archives de catégorie : Lectures

Sa Majesté des Mouches

Un titre étonnant pour ce roman du grand William Golding, dont il faut aller chercher l’explication : Belzébuth, le Diable, viendrait de Baal Zebub, littéralement le maître des mouches.

Je suis tombée sur cette version collège dans une boîte à livres, et comme je ne l’avais pas lu durant ma scolarité, banco ! Mais je dois avouer avoir peiné à le lire.

Le pari de l’auteur est de montrer la fragilité de la civilisation, la sauvagerie qui sommeille en chaque être humain et peut resurgir à tout moment. Il ne s’agit pas de divertir le lecteur, et la démonstration est magistrale. Les tensions entre ces enfants échoués accidentellement sur une île paradisiaque s’intensifient très vite,  et la déraison prend le dessus dans une sauvagerie perturbante.

Ce roman est assurément un excellent support de réflexion et de discussion, mais j’en aurais été ébranlée si j’avais dû le lire jeune adolescente. Pas sûr du tout qu’il ait favorisé mon plaisir de la lecture ! Par chance, il ne devait pas encore être au programme de l’Education Nationale en ces temps préhistoriques. Les jeunes d’aujourd’hui sont probablement plus « blindés », plus habitués à la violence dans les ouvrages ou les jeux vidéo, ce qui rend le thème du roman d’autant plus utile d’un point de vue pédagogique.

Le propre d’une grande oeuvre est de laisser une trace dans l’esprit du lecteur,  voilà qui est fait !

Tenir debout

François est un comédien célèbre. Eléonore sort tout juste de ses études, travaille comme ouvreuse dans un théâtre. Coup de foudre, coup du sort. Un accident rend François paraplégique alors que leur vie à deux n’a pas commencé. Mais Eléonore ne fuira pas. A tour de rôle, ils nous narrent leur intimité faite de peurs, de désespoir, de découragement, d’amour, d’envies. J’ai aimé l’alternance des points de vue dans ce joli roman de Mélissa Da Costa,  bien documenté sur le quotidien des paraplégiques, humaniste, sans mièvrerie.

Pentothal

Eric Neuhoff  a la critique caustique. Quand il s’en prend à un auteur, cela peut me mettre mal à l’aise. J’ai souffert pour Christine Angot, l’une de ses victimes favorites que pourtant je n’apprécie guère. Certainement parce que je sens indirectement attaquée ma plume maladroite, et c’est idiot.

Le sujet de son dernier livre m’a touchée, le récit autobiographique d’un accident de vie, d’un séjour à l’hôpital… évidemment cela me parle. Et quelle claque en lisant ce récit ! Un verbe élégant et touchant, des mots pesés. Juste assez pour que le lecteur ressente. Un humour juste ébauché et un certain détachement en bouclier. C’est magistral !

Au cours de cette lecture, j’ai découvert les racines lotoises de cet auteur. Cerise sur le pastis ! (et là je me sens obligée de mettre un lien d’explication 😂)

 

Rature

Rature est le surnom dont le héros était affublé enfant, c’est celui qu’il a donné à son bateau.

Ce court roman de Philippe Claudel nous embarque sur un bateau de pêche pour une aventure poétique et introspective où il est question de perte, de mémoire, de solitude, de quête de sens, de tristesse mais aussi de force des liens, d’amour, de transmission, de complicité.  Grâce aux superbes illustrations de Lucille Clerc, une plongée en mots et images.

 

Merci à mon amie Nicole pour ce délicat présent.

Des nuages et des oiseaux

Découvert dans une boîte à livres, La cité des nuages et des oiseaux d’Anthony Doerr.

Un roman inclassable – monument de 800 pages, imagé et d’une complexe richesse, qui offre au lecteur plus qu’un voyage, une véritable épopée qui l’entraîne du XVe siècle à un futur lointain, de Constantinople à un vaisseau spatial , en passant par l’Amérique contemporaine. Comme fil conducteur, un texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de l’écrit et de l’imaginaire.

Cet ouvrage a été couronné du Grand Prix de littérature américaine 2022.

Editeur de cette version : Livre de Poche 

L’Ami du Prince

Je vous ai déjà parlé de L’ami du Prince, ce roman de mon ancienne animatrice d’atelier d’écriture, Marianne Jaeglé. Archi-confiante dans son talent de narratrice, j’en ai offert quelques exemplaires avant de le lire moi-même, dont à une amie qui m’en a fait un retour enthousiaste.

Il était temps que je m’y plonge aussi et voilà qui est fait. J’ai passé quelques heures avec Néron et Sénèque, repoussant mon heure de coucher pour savoir jusqu’où cette relation allait les mener, serré les mâchoires devant la cruauté du premier, souffert avec le second tenaillé par ses dilemmes. Une histoire captivante.

Après Van Gogh et Léonard de Vinci, Sénèque. Et après Sénèque, quelle grande figure historique vas-tu nous faire découvrir, Marianne ?

Les charmes discrets…

Je l’avoue, je n’avais pas lu Douglas Kennedy jusqu’alors. Il a fallu que « Les charmes discrets de la vie conjugales » attirent mon attention, il y a quelques semaines, sur l’étalage d’un bouquiniste.

Quelques pages tournées et, déjà, j’étais sous le charme de ces charmes discrets.

La plume de Douglas Kennedy est magnifique, le thriller haletant. Et puis il y a le fond de l’histoire qui nous mène de réflexion en réflexion, sur les questions du couple, des idéologies, des dérives du puritanisme américain et de l’emballement médiatique.

 

Soleil de nuit

Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un thriller. Le monde en est un, inutile d’en rajouter. Il n’y a qu’à écouter les infos du jour pour se sentir  au coeur d’un monde vibrant de tensions et de peurs et dont nombre de protagonistes relèvent d’une psychologie quelque peu tordue.

Soleil de nuit de Jo Nesbo m’a réconciliée avec le genre. Si le thriller feelgood existe, il en est. On peut être tueur à gages et profondément humain. On peut vivre dans une contrée inhospitalière au possible et se montrer charitable. On peut être accueilli au pays du soleil de minuit avec ses parts d’ombre. On peut ne plus croire en grand chose et tomber amoureux.

L’Ombre du vent

J’ai trouvé ce roman dans la boîte à livres de mon entreprise et l’ai embarqué sur l’incitation de ma collègue Geneviève qui m’a dit que son mari l’avait adoré. Je ne peux que l’en remercier.

L’adolescence, l’amour, la jalousie, la littérature sont les thèmes de L’Ombre du vent, le livre 1 de la tétralogie Le cimetière des livres oubliés écrit par Carlos Ruiz Zafon, une histoire dramatique sur fond d’Histoire d’Espagne.
Des personnages dessinés avec grâce, des dialogues enlevés et une écriture admirable si joliment imagée. Un merveilleux voyage dans le temps et dans les livres.

Avec un texte aussi ciselé, je n’ai pu tout au long de ma lecture qu’admirer le travail virtuose du traducteur, François Maspero. Je ne connais pas grand-chose au travail de traduction mais je touche du doigt combien il doit être difficile de restituer l’oeuvre d’un auteur à la nuance près.

Un roman qui m’a enchanté. Et pour ne pas perdre cette magie des yeux, je croque le deuxième tome !

Je l’aimais

Parmi les romans lus cet été, Je l’aimais d’Anna Gavalda. Dans ces dialogues entre une jeune femme quittée par son compagnon et son (nouvellement ex) beau-père, l’auteure nous entraine dans des questionnements sur l’amour, la vie, le désir, les renoncements, les doutes et les lâchetés. Des propos tendres, généreux et des personnages tellement humains.