Un titre étonnant pour ce roman du grand William Golding, dont il faut aller chercher l’explication : Belzébuth, le Diable, viendrait de Baal Zebub, littéralement le maître des mouches.
Je suis tombée sur cette version collège dans une boîte à livres, et comme je ne l’avais pas lu durant ma scolarité, banco ! Mais je dois avouer avoir peiné à le lire.
Le pari de l’auteur est de montrer la fragilité de la civilisation, la sauvagerie qui sommeille en chaque être humain et peut resurgir à tout moment. Il ne s’agit pas de divertir le lecteur, et la démonstration est magistrale. Les tensions entre ces enfants échoués accidentellement sur une île paradisiaque s’intensifient très vite, et la déraison prend le dessus dans une sauvagerie perturbante.
Ce roman est assurément un excellent support de réflexion et de discussion, mais j’en aurais été ébranlée si j’avais dû le lire jeune adolescente. Pas sûr du tout qu’il ait favorisé mon plaisir de la lecture ! Par chance, il ne devait pas encore être au programme de l’Education Nationale en ces temps préhistoriques. Les jeunes d’aujourd’hui sont probablement plus « blindés », plus habitués à la violence dans les ouvrages ou les jeux vidéo, ce qui rend le thème du roman d’autant plus utile d’un point de vue pédagogique.
Le propre d’une grande oeuvre est de laisser une trace dans l’esprit du lecteur, voilà qui est fait ! 