En toute saison magnifique, ce Pont Valentré, mais dans la lumière d’une fin d’après-midi automnale il m’a paru encore plus majestueux et humble, lui qui veille sur le Lot et ses abords depuis le XIVe siècle.
Photo personnelle : Cahors, octobre 24
En toute saison magnifique, ce Pont Valentré, mais dans la lumière d’une fin d’après-midi automnale il m’a paru encore plus majestueux et humble, lui qui veille sur le Lot et ses abords depuis le XIVe siècle.
Photo personnelle : Cahors, octobre 24
Je suis allongée dans mon lit de jeune femme. Les yeux fermés. Tant de choses passent par ma tête. Je connais chaque bosse du matelas, chaque couture de l’édredon. Je n’ai qu’à lever la main, avec un angle dont j’ignore les degrés mais qui s’ajuste précisément, pour atteindre l’interrupteur.
J’entends le coq qui lance sa triple note chevrotante comme s’il s’étouffait. Et qui recommence pourtant trois fois de suite. Je sais que le jour commence tout juste à poindre même si derrière mes paupières closes, derrière les volets fermés, il serait bien difficile de le deviner.
Un long chuintement au loin qui signale le passage du train par vent d’est, quelques grondements de moteurs dans la rue devant, le claquement sec du placard dans la chambre de mes parents derrière la cloison, le craquement de la charpente, les ronflements de ma mère, le gargouillis du chauffe-eau dans la salle de bain, des pas étouffés sur le parquet…
J’ouvre les yeux. Le soleil filtre à travers les lattes du volet. Mes souvenirs me mordent les sens. Les autres lits sont vides. Personne d’autre que moi ne va se lever. Il n’y a plus que des fantômes dans cette maison.
Après mon père, ma mère. Mes parents sont partis pour toujours.
L’automne donne le cafard. Entrée dans l’hiver, changement d’heure, premiers rhumes, soirées sombres, humidité, feuilles mortes, on se sentait mieux quelques semaines plus tôt (et ce n’est pas l’élection de Trump qui nous réconforte). Pourtant, l’automne a de bons côtés. Retour des soupes, des pulls en laine douce, des champignons, des châtaignes à griller dans la cheminée, et des feux de cheminée (même sans châtaignes) qui crépitent (je n’ai pas de cheminée, dommage !), des soirées sous le plaid, du pot-au-feu et autres plats roboratifs, des courges et des clémentines (miam !), des promenades dans le bruissement des pas sur les feuilles mortes. Et grain de raisin sur la tarte aux pommes, il n’y a qu’à lever les yeux pour les emplir de couleurs chatoyantes. L’automne, ce n’est pas si mal finalement.
Image par Gerd Altmann de Pixabay
Les hortensias déclinent
Sous peu ils ne seront que tiges tristes
C’est l’automne.
Et trop vite l’hiver.
Les vagues viennent lécher les pensées, emportent les plus tristes dans les profondeurs où elles les noient. La mer lave l’âme, l’apaise.
A me laisser penser à une infusion de millepertuis, de camomille ou de tilleul.
Une idée que cet infuseur géant
vient renforcer.

Photos prises à Cabourg en oct. 24
Parmi ces propositions de Loptimisme.com, quand un nuage de blues menace, je retiens le thé, si possible en musique, le papotage amical, le jardinage, le barbouillage, la lecture et évidemment l’écriture. J’ajoute le rangement, l’épluchage de légumes, la marche en plein air et la confection de bijoux.
Et pour vous, c’est plutôt quelle activité ?
Un temps pourri, de la pluie, de la pluie, encore de la pluie, ce début de mois de mai n’en a pas été un. Même les nappes phréatiques, qui pendaient la langue l’été dernier, demandent grâce. Les premiers jours d’avril, en revanche, coup de chaud, il fallut se découvrir et pas que d’un fil.
Le dérèglement climatique met à mal bien des choses, catastrophiques comme la fonte des glaciers ou bien anodines tels les dictons anciens. Du dérisoire seul nous pouvons nous amuser, alors je me lance pour une révision 2024 du bien connu En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plait :
Début avril, tongs et short tu enfiles avant que mai ne vienne te remettre le ciré.
Et maintenant que le soleil est revenu, pas pour longtemps mais au mieux de sa forme : Courant mai, chapeau et verres teintés tu peux tenter.
Des suggestions de votre côté ?
Image Pixabay
Le ciel est bleu, regarde ! a répondu Pauline à mon Bonjour ! Comment vas-tu ?
Ce matin, en petit-déjeunant dans ma cuisine, j’observe la sororie Poubelle. Elles ont chacune leur caractère.
La plus constante est Verre, une vraie force tranquille qui ne paie pas de mine.
La petite dernière Déchets Organiques est déjà goulue. Comme dans bien des famille il a fallu pousser les murs pour l’accueillir mais elle a rapidement trouvé sa place. Je dois l’avouer, elle est ma préférée.
Déchets Ménagers, qui la laisse allègrement lui piquer sa pitance a considérablement minci. Elle flotte dans son manteau qu’il va falloir retailler sans tarder. Elle est ainsi Déchets Ménagers, toujours prête à se serrer la ceinture. Il y a trois ans déjà, elle a décidé de se mettre au régime sec et de laisser cette folle de Recyclable s’en mettre plein la panse.
Elle m’inquiète celle-là. Je perçois sa souffrance et ses efforts à tenter de cacher sa boulimie derrière un sourire enjôleur. Je ne sais pas encore où elle va vomir en cachette mais, franchement, il va falloir s’attaquer au problème. Ca ne peut pas durer !
Mon petit déjeuner est terminé, à ce soir les Poubelle !
Image : Pixabay
L’une de mes pépites de ces derniers jours, ce roman d’Ingrid Naour ! Je ne saurais dire ce qui me réjouit le plus, d’avoir lu ce texte débordant de vie et d’humour ou d’avoir déniché cet ouvrage dans le rayonnage d’une bibliothèque d’hôtel. Les deux assemblés certainement comme un gâteau et sa cerise.
Quelle belle idée que cette bibliothèque bien fournie dans un hôtel paumé dans la campagne ! C’est le format du roman, je crois, qui m’a attirée. Une centaine de pages pour un court séjour, c’était jouable. Le titre aussi. Les trous de conjugaison, késako ? L’auteure que je ne connaissais pas, la collection qui n’était pas celle d’un roman de gare. Et la 4e de couverture évidemment que je vous livre en photo parce que je ne saurais faire mieux pour vous décrire ce texte à dévorer comme une bouchée au chocolat.
Au fait, il semble que les trous de conjugaison, ce sont des orifices situés de part et d’autre de la colonne vertébrale. Et quand les nerfs rachidiens qui y passent s’y coincent, ça fait très mal ! Voilà pour le sens propre. Quant au sens figuré que je suppose voulu par l’auteure, disons que notre héroïne, gourmandes des mots, les envoie pas mal virevolter ! Et c’est tordant.