Tous les articles par Fabienne Vincent-Galtié - Auteure

L’auteur et ses fantasmes

La sempiternelle question : L’auteur vit-il ses fanstasmes dans ses écrits ? Les lecteurs ont tôt fait de reconnaitre les désirs, les propres expériences de l’auteur dans ce qu’il fait vivre à ses personnages. Et que cet auteur revendique haut et fort que d’une pure fiction il s’agit n’y change guère.

J’ai ainsi eu souvent à m’en défendre, et mon dernier roman (Le voisin du 7e), je le crains, ne va nullement contribuer à ce qu’on m’épargne !

Sonia Dron, une amie auteure, m’a dit répondre, quand on la renvoie à ses romans érotiques, que si Stephen King avait vécu ou seulement fantasmé tout ce qu’il fait vivre à ses héros, il serait un psychopathe.

La mise au point de Rougepolar sur son blog me parait pertinente également :

L’auteur vit-il ses fantasmes dans ses écrits

.C’est la réponse que je relaie en tout cas à tous ceux qui me voient là où je ne suis pas.

Histoire de dingue ou histoire de fée ?

Une histoire bien réelle en tout cas !

Quand je finalisais « Le voisin du 7e », j’ai passé des heures à surfer sur le Net dans les iconothèques pour trouver une photo qui conviendrait pour la couverture. Rien qui vaille. Jusqu’à ce que je tombe sur la bonne, celle qui collait pile poil. Chouette ! Hélas, elle n’était pas présente dans une photothèque commerciale mais dans un blog de particulier. Je tentais ma chance sans trop y croire en contactant son auteur. « Coucou, c’est moi, j’aimerais bien utiliser votre photo… » Figurez-vous qu’il m’a répondu ! Et pas seulement : il joignait la photo en haute définition, s’étonnait que le miracle Google m’ait permis d’arriver jusqu’à l’une de ses oeuvres et me demandait juste, et encore si je voulais bien, de le citer en crédit-photo. Quand j’écris que le meilleur est souvent possible !*

Evidemment, je m’exécutai, trop contente de ma chance. Crédit-photo en début de livre, remerciement en fin. La moindre des choses. Un petit mail aussi. « Mon bouquin est sorti, avec votre photo en couv. J’adore ! ».
Fairplay, il opina « Très jolie couverture ! » et accepta mon offre de lui en adresser un exemplaire.
Aussi fière que contente, j’étais.
Quelques jours plus tard, appel d’un livreur d’Amazon (ne connaissant pas le n° de tél de mon bienfaiteur, c’est le mien que j’avais indiqué lors de la commande). « Heu, je suis dans l’immeuble et y’a pas de « Dressy » sur les boîtes, mais un « Gressy ». Vous confirmez ? » Je confirmai – Gressy, bien sûr, pas Dressy – alors qu’une fièvre me saisissait. Je n’avais pas fait ça ! NON !

Dès que cela me fut possible, je me précipitai sur ma boîte mail. Daniel Gressy. C’était bien le nom de mon interlocuteur.
Angoissée, j’ouvrai un exemplaire de mon livre. Crédit-Photo : ©Daniel Dressy. Remerciements à Daniel Dressy.
Et zut de rezut de mouise ! Comment était-ce possible ? Pénaude, je lui écrivis aussi sec un message d’excuse. Désolée et redésolée… je vais corriger illico presto. Pardon, pardon.
Et redoutais sa réaction. Quelle idiote !

Et sa réponse tomba. Comme un pétale de rose sur des eaux troubles. Je n’en revenais pas. »Rassurez-vous, ça m’a fait plutôt rire ! Si un jour, j’écris l’histoire de ma photo, je pourrai caser cette anecdote ! Bonne journée « 

Bonne journée ! Même pas agacé.

La vie est pleine de surprises, et souvent des bonnes, parce que certaines personnes sont fantastiques*.

Merci Daniel Gressy, vous êtes un féetaud (il semblerait que ce soit le masculin de fée) ou plutôt mon bon génie.
Je vous adresse un merci, un merci aussi immense que votre coeur ! 

* Dans « Merci Gary »

Les jumelles ?

Vais-je écrire la suite du Voisin du 7e ou me replonger dans ma toute première histoire, celle de deux jumelles ? J’hésite encore, alors j’explore.

Ce livre de David Foenkinos m’a attirée évidemment, mais la froideur du récit m’a déçue. Un regard distancié, une progression implacable pour une démonstration quasi-mathématique : la jalousie sororale (tout autant que fraternelle) peut prendre le dessus sur l’affection et conduire à l’indicible.

Et mes jumelles à moi, jusqu’où seraient-elles capables d’aller ?

Les deux voisins

Je viens juste de terminer la lecture du roman de Tatiana de Rosnay, Le voisin. Encore un récit de cette auteure qui se dévore. Les épreuves de la malheureuse Colombe prennent aux tripes. J’ai cependant trouvé la fin un peu escamotée, peut-être parce que justement j’étais tellement embarquée que quelques pages supplémentaires m’auraient enchantée.

Au-delà du titre, j’ai relevé des similitudes troublantes avec mon voisin à moi, Le voisin du 7e : le thème de fond, l’éveil érotique d’une femme mariée corsetée dans une éducation traditionnelle, son apprentissage au travers de l’écriture, en se mettant dans la peau d’un autre qu’elle, plus libéré, l’infidélité du mari et enfin le clin d’oeil à Belle de jour (dans mon roman et Belle de nuit dans celui de T. de Rosnay).

Les similitudes ne s’arrêtent pas tout à fait là, mais je ne peux pas dévoiler plus avant les intrigues de ces deux romans. Greg, le voisin du 7e, est en tout cas bien moins pervers que le voisin de Colombe, il est même plutôt très attachant !

« Le voisin du 7e », il est là !

Quelle joie de tenir entre mes mains, enfin !, mon 3e roman et quelle appréhension aussi. Mais, après quatre années à le peaufiner, il me faut bien le lâcher, le soumettre aux lecteurs et passer à un autre.

Un nouveau roman donc. « Sensuel » m’ont dit les toutes premières lectrices. Aïe, aïe, aïe ! Qui met en scène des personnages plus complexes que dans mes romans précédents, c’est certain, un récit plus grinçant, moins pudique.

Il y est question d’apparences, de connaissance de soi, de sens, de désirs et d’amour.

Jusqu’où ira Virginie dans le mensonge ? Et pour sauvegarder son couple ?

Le voisin du 7e est disponible en format broché et e-book sur Amazon : lien

J’attends vos retours avec impatience ! Merci à tous les lecteurs.