Ce n’est pas pour tout de suite car il me faut refaire la mise en page, créer une nouvelle couverture, préparer les textes de présentation… mais c’est décidé, aussi vite que j’en serai capable, je déposerai ce recueil de nouvelles sur la plateforme Kobo. A minima.

Cet été, sur la terrasse d’un B&B perché au-dessus de Corté, notre hôte désigne une montagne au crâne pelé. Elle lui appartient en quasi-totalité, il l’a achetée à un paysan en même temps que la maison qu’elle recèle et qu’il a transformée en gîte. La terre n’y est pas cultivable ou si peu, des châtaigniers, de très nombreux châtaigniers, et des oignons de crocus qu’il a plantés pour sa propre consommation de safran. Le moment de la récolte venu, il invite dans son gîte ses copains du continent, trop heureux de cette parenthèse corse, et, entre virées à la plage et dégustations de cochonnaille, ils cueillent les précieuses fleurs et en retirent les si convoités stigmates rouges. « Je connais un peu », lui dis-je. « Le seul autre endroit où l’on cultive du safran en France, c’est le Quercy » rétorque notre hôte, aussi accueillant qu’érudit.
Justement, le Quercy ! Et la cueillette, c’est maintenant, en octobre.
« J’ai pas grand-chose à te raconter, j’ai trantolé tout l’après-midi » m’a répondu ma mère l’autre jour au téléphone. Ah ce verbe, trantoler !, comment le traduire ? Trainailler, vaquer, glander… bref il s’agit de s’occuper sans réelle efficacité en patois lotois. Une table aussi peut trantoler, quand au resto il faut glisser sous un pied un bout de papier plié en quatre pour la caler. Dans ce sens là, j’ai longtemps cru ce mot compréhensible par tout un chacun – ou presque !- tout comme perne, mascagner, décaniller ou branquignole, pour ne citer que ceux qui me viennent spontanément à l’esprit.
Vous ne connaissez pas ? Une perne est un quartier d’agrume (mais comme il n’y a pas seulement quatre quartiers par fruit, la perne est plus juste, un point pour l’Occitanie !) ; mascagner, c’est besogner sans efficacité parce qu’on n’a pas le bon outil ou la bonne technique (tout est dit en un seul mot, 2 points pour l’0ccitanie !) ; Décaniller, c’est comme un chamboule-tout, un éléphant dans un magasin de porcelaine, on fait tomber des trucs, on décanille toutes les quilles au bowling ou la boule gênante à la pétanque (dé-ca-niller, c’est clair, non ?, 3 points pour l’Occitanie !) ; Enfin, un branquignole, c’est quelqu’un qui ne fait rien de bien, une sorte de dilettante à tendance fou-fou (et un branque, c’est le même avec moins d’affection). Franchement, ce n’est chouette ça, un branquignole !, ça fait penser aux Pieds Nickelés (réservé aux plus de 50 ans) : 4 points pour l’Occitanie ! 4/4 pour le patois lotois (ou toulousain); toute exagération chauvine exclue, évidemment.
Ils sont beaux ces termes de patois, parce qu’ils chantent avec l’accent, parce qu’ils sentent les déjeuners en terrasse et qu’ils opposent des pieds de nez au bon français. Me risquerai-je un jour à en glisser quelques uns dans un roman ? Peut-être…
Il y a quelques jours une envie irrépressible de gribouiller une toile m’a attrapée par surprise.
De la légèreté, de la liberté avec des ballons, mais bien ancrés dans le sol, pour moi la terrienne. Du jaune enfin pour tenter de prolonger un été qui s’en est allé. Ou parce que cette couleur est à la mode, qui sait ? Voilà comment est né ce tableau : Ballons.
En le découvrant, ma fille s’est exclamée : « Il me fait penser à des tournesols. ». Des tournesols ? Mais bien sûr ! Et comment ne pas y voir plus qu’une coïncidence, alors que je me régale en ce moment de la lecture du roman Vincent qu’on assassine de Marianne Jaeglé, une superbe fiction, joliment écrite et fort bien documentée, sur les derniers mois de la vie de Van Gogh. Le soleil arlésien, la maison jaune, le fauteuil de bois rouge, Gauguin, les blés ondulants… et les tournesols
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Autre clin d’oeil, je signe depuis toujours mes toiles d’un nom, un seul : Vincent !
En mémoire, ce magnifique texte de Charles Aznavour extrait de l’album « il nous restera ça » de Grand Corps Malade.
Choquer l’ordre établi pour imposer ses vuesPourfendreChoisir, saisir, comprendreRemettre son travail cent fois sur le métierSalir la toile vierge et pour mieux la souillerFaire hurler, sans pudeur, tous ces espaces nusSurprendreTraverser les brouillards de l’imaginationDéguiser le réel de lambeaux d’abstractionDésenchainer le trait par mille variationTuant les habitudesChanger, créer, détruirePour briser les structures à jamais révoluesPrendre les contrepieds de tout ce qu’on a luS’investir dans son oeuvre à coeur et corps vaincusÉcrire ta peur de sueur, d’angoisseSouffrant d’une étrange langueurQui s’estompe parfois mais qui refait bientôt surfaceUsé de sa morale en jouant sur les moeursEt les idées du tempsImposer sa vision des choses et des gensQuitte à être pourtant mauditAller jusqu’au scandaleCapter de son sujet la moindre variationExplorer sans relâche et la forme et le fondEt puis l’oeuvre achevée, tout remettre en questionDéchiré d’inquiétudeSouffrir, maudireRéduire l’art à sa volonté brûlante d’énergieDonner aux sujets morts comme un semblant de vieEt lâchant ses démons sur la page engourdieÉcrire, ÉcrireÉcrire comme on parle et on crieIl nous restera çaIl nous restera ça
…Thomas Pesquet ! Je ne me suis confiée encore qu’à demi-mot sur ce blog à son sujet, cet homme me fascine. Comme bien des Français, j’ai suivi avec assiduité ses prouesses spatiales, de sa sortie de la station à des actions plus anodines comme des séances de lecture ( L’astronaute et les histoires ) et la diffusion sur les réseaux sociaux des photos de la terre.
Il me fascine par ce mélange étonnant de proximité et d’inatteignable. Presque comme si Dieu était mon voisin. Un jour dans ma rue, quelques heures plus tard dans les étoiles.
Il m’impressionne plus que tout par sa force mentale revêtue d’un masque lisse. Sous ses traits humains, cet homme est un alien.
Je viens de me régaler de la BD « Dans la combi de Thomas Pesquet ». Dans ce récit traité avec un second degré hilarant, derrière les anecdotes amusantes, on devine une passion hors norme ainsi qu’une volonté et une abnégation non moindres pour parvenir à l’assouvir.
On se représente les passions, fébriles, dévastatrices, bruyantes… La sienne semble froide, réfléchie. Encore un paradoxe qui n’est peut-être qu’une image, un mirage, de plus. Peu importe, cet homme a conquis les étoiles, rien de moins !
« Le meilleur est souvent possible » est l’assertion à laquelle s’accrochent Marie et Martin, deux des héros de mon roman Merci Gary Plotter, parce que l’espoir doit toujours être permis, parce que la vie réserve parfois, souvent, de belles surprises. Rappelez-vous, pour ceux qui ont lu ce conte moderne, croyez-le, pour les autres : la vie est fantastique, aux sens extraordinaire, surnaturelle, fabuleuse, imaginaire…
Bill Gates serait-il de cet avis ? Voir le meilleur de l’humanité

L’inconnue sur le banc est le premier roman de Philippe Leclercq, publié tout comme mon recueil de nouvelles aux éditions Abordables. Début août, j’ai lu son deuxième ouvrage, La cabane, qui m’a donné envie de découvrir le premier. Alors, au retour de nos vacances respectives, nous nous sommes donnés rendez-vous dans un troquet et avons échangé nos livres (et avons aussi discuté de plein de choses évidemment).
Dans L’inconnue sur le banc, Philippe nous entraîne dans le labyrinthe psychique d’Eric, un quinquagénaire reclus en Bretagne après le décès brutal de sa femme. Renonçant volontairement à quelconque subtilité ou délicatesse dans certains passages de ce récit bien mené et indéniablement viril, il nous livre les fantasmes érotiques, les pulsions sexuelles, les tourments amoureux de ce héros égaré entre alcool et libido. L’intrigue se passe dans la Bretagne qu’il connait si bien et dont il se plaît à décrire les somptueux paysages. Ce qu’on aimerait se réfugier, comme Eric dans Belle Vue, sa maison si bien nommée !
Dans ce premier roman qu’il qualifie lui-même d’« irrévérencieux », Philippe aborde des thèmes que l’on retrouve dans La cabane, son deuxième opus : la quête de l’amour éternel, la jouissance virile, la frontière entre réalité et fantasme.
Qu’en sera-t-il de L’oiseau de nuit, son troisième roman attendu pour le 1er octobre prochain ?
Pom, pom, pom, pom…

Autres magnifique lecture de l’été, ce roman de Graham Swift offert par mon amie Nicole.
Le dimanche des mères est ce jour octroyé aux domestiques une fois par an pour aller voir leurs mères. Jane est orpheline. Comment va-t-elle occuper sa journée ? En retrouvant Paul, son amant de longue date, un jeune homme de bonne famille qui doit se marier sous peu. Et cette journée va changer sa vie.
L’auteur nous sert un récit sensuel, tout en retenu, délicat et pourtant intense dans cette Angleterre qui se remet difficilement de la Première guerre, à l’atmosphère empesée.
Ce roman féministe est aussi une ode à l’écriture et à la lecture, des thèmes qui me touchent particulièrement.

Intéressante cette oeuvre d’art contemporain, vue sur le campus HEC à Jouy-en-josas (78) : Les oiseaux ou l’ornithologie des livres de Peter Wüthrich.
Cette volière emplie de livres colorés (hélas déjà passablement défraîchis), tels des oiseaux, y est installée depuis 2013. Comme si les mots volaient, se reposaient, parlaient entre eux, vivaient dans le cadre défini par la volière. Je me hasarde à imaginer cette volière symbolisant un livre ou un récit peut-être, ce qui projetterait ces livres dans un livre ou leurs mots dans une histoire. Mais je m’égare certainement.
Sur Internet, il est écrit à propos de cette oeuvre : « Barnett Newman (peintre expressionniste américain) ne disait-il pas, en substance, que la critique d’art est à l’œuvre ce que l’ornithologie est à l’oiseau ? »
J’y apprends également que « le livre constitue l’unique matériau avec lequel cet artiste suisse travaille. Il devient la matière première de ses tableaux, sculptures, photos, vidéos… Entre ses mains, le livre se transforme en papillons, en anges, ou encore en oiseaux. D’un objet inanimé, il devient un être vital doté d’une personnalité et d’un esprit uniques. Il nous parle et entre en dialogue avec l’humanité. Ne dit-on pas d’une bibliothèque qu’elle est le reflet de son propriétaire ? Un vieil adage stipule en outre que les livres et la connaissance donnent des ailes pour s’envoler ! »
Et effectivement les oeuvres de cet artiste sont multiples autour du livre.
Exemples :



J’adore !